BULLETIN DU MANAGEMENT N° 1 - AOUT  2000 

 

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  L’ESPRIT  DE  L’ENTREPRISE
  "C’est un grand ouvrier des miracles que l'Esprit Humain" -Montaingne-

A l’aube d’un 3eme Millénaire, dont André MALRAUX a dit « qu’il sera ‘spirituel’ ou ne sera pas », de nombreuses Entreprises découvrent avec surprise que leur Capital le plus important, était leur Capital Humain ! Non pas, comme cela a été le cas jusqu'à présent, en fonction des capacités physiques des Hommes, mais bien plutôt de leur facultés psychiques . C’est à dire le Capital, non pas de leurs bras, mais de leurs cerveaux !
 
(Précisons d’entrée que, comme pour A.Malraux, le terme ‘Spirituel employé ici, n’est pas bien sûr, à prendre dans le sens religieux, mais dans le sens général de ‘l’Esprit’.)

Pourtant aujourd’hui encore, dés que l’on parle de Formation des Salariés, on ne pense qu’à l’optimisation de leurs connaissances et de leurs compétences  « Intellectuelles », et l’on oublie  trop  souvent,  l’optimisation de leurs comportements, de leur motivation et de leurs qualités morales, toutes ces valeurs  «  Spirituelles » , qui font la Personnalité d’un Homme !

POUR UNE FORMATION  INTEGRALE

C’est ainsi , que prenant récemment conscience de ces deux aspects distincts, mais complémentaires, de nos facultés cérébrales, des Sociologues d’avant-garde ont fait émerger, après le fameux « Q.I. »-, le Quotient Intellectuel bien connu, la notion de « Q.E. », le Quotient Emotionnel, basé sur l’Esprit .

La prise en compte par les Chefs ‘Entreprises et les D.R.H., de ces deux pôles de formation est plus qu’auparavant, une condition ‘sine qua non’ de pérennité ! Car, il faut bien se rendre à l’évidence que par les nouveaux critères d’efficacité imposés par les progrès technologiques et aussi par la Mondialisation, seule la symbiose harmonieuse des facultés du  « Q.I. »  et du  « Q.E. » de leur Personnel, pourra dorénavant assurer le succès, ou à tout le moins, la survie des Entreprises.

C’est ainsi qu’aujourd’hui, nous pouvons affirmer, qu’à Parc Machines (ou Matériels)  (M)  égal, la différence entre une Equipe qui gagne et une qui perd, provient essentiellement de ses Hommes et de leur Motivation. D’où la nouvelle formule de la Compétitivité  (C) :

C  =  M  x  (Q.I. x Q.E.)


Parce qu’en effet, à quoi pourraient bien servir les machines les plus modernes, les techniques les plus sophistiquées, les organisations les plus évoluées, si les Hommes, pourtant compétents pour utiliser ces matériels, pour appliquer ces techniques ou  pour animer ces structures, ne se sentaient ni impliqués, ni motivés, pour accroître les performances et la Compétitivité de leur Entreprise !

 

LES  4  BASES  DE  LA  COMPETITIVITE

Pour synthétiser notre réflexion, nous dirons que la force d’une Entreprise est fonction de :

Son Pouvoir – faire     : Ses moyens  Matériels,  machines, installations , équipements
Son Comment – faire
  : Ses moyens  Rationnels, organisations, méthodes, procédures
Son Savoir – faire
        : Ses moyens  Intellectuels,  compétences, aptitudes, expériences
Son Vouloir – faire
      : Ses moyens  Spirituels, comportements, attitudes,  Motivation

Comme on peut le remarquer, à part la première base qui concerne le Matériel, les 3 autres bases sont du domaine de l’Immatériel, c’est à dire des Hommes.

Quant aux 2 dernières, qui concerne essentiellement les Ressources Humaines, précisons que de nombreux Chefs d'Entreprises, affirment préfèrer plutôt un candidat avec un peu moins de ‘savoir-faire’, mais plus de ‘vouloir-faire’ ! Le ‘Savoir’ sans la concrétisation du ‘Vouloir’, n’apporte que peu de richesses .

Et si, nous y ajoutons le « Savoir-Etre » nous pourrions parvenir à l’excellence, c’est à dire à ‘des meilleures performances de l’Entreprise, par l’épanouissement de ses Hommes’ !

 

Alors  prenons garde, dans notre désir de développer rapidement nos programmes  de Formation, de ne pas nous tromper encore de combat. Ne commettons pas dans notre précipitation, la regrettable erreur d’inventer – après le Taylorisme Manuel de triste mémoire, un « NEOTAYLORISME Intellectuel » !

Car en oubliant ‘l’Esprit’, nous risquons de provoquer des comportements schizophréniques de la part du Personnel, qui peuvent parfois générer des conflits anomaux. Des conflits dont on ne comprend pas bien les raisons, comme ceux que l’on commence à voir à présent.

A l’instar de TAYLOR, nous aurons négligé des immenses potentialités humaines et ainsi tronqué pour une bonne part, le Capital Humain des Entreprises .

 

VERS  UNE  FORMATION  NOUVELLE

Le problème pour nous Français, est qu’avec notre Esprit Cartésien, renforcé encore par les formations essentiellement mécanistes de nos Cadres, nous maîtrisons difficilement le facteur irrationnel de l’Esprit Humain.

Et de plus, il nous faut reconnaître aussi, que si la formation Intellectuelle est relativement facile à enseigner, cela est beaucoup plus difficile pour les facultés Spirituelles.

En effet, si toutes les connaissances générales et les compétences technologiques, qui sont du domaine de l’Intellect , « s’apprennent », les valeurs morales, le caractère, et les comportements, qui sont du domaine du Spirituel eux, « s’acquièrent » . Et cette acquisition ne peut se faire que, par l’exemple, par des expériences vécues, ou par le travail sur soi .

Cela, parce que les premières procèdent du Conscient, et les secondes du Subconscient, sur lequel on ne peut agir qu’en passant par le mental .

Formation nouvelle, formation particulière évidemment, mais certainement inéluctable !

Et comme en raison du retard pris dans ce domaine, il devient impératif à présent de développer cet enseignement , nous devons fortement y réfléchir . Et pourquoi pas en débattre ensemble sur le FORUM de notre Site !

 Pour aller dans ce sens, dans notre prochaine  chronique nous parlerons de :

 « QUELQUES  INVARIANTS  DE  LA  MOTIVATION »

                                                                     Le  Manager  P.E.P
 
                                                                               Raymond  MONEDI

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