Article du 15 Juin 2000 pour Le MONDE 

 

              

DYNAMISER LES CHARGES PATRONALES

POUR VAINCRE LE CHÔMAGE

    A présent, tout le monde commence à comprendre que les Lois AUBRY sont une erreur, et quelles vont provoquer des conflits sociaux et des zizanies sans fin dans le Monde du Travail. Ses dispositions en effet, de par leur complexité et leur ambiguîté rares vont se révéler être sous peu, de véritables bombes sociales à retardement. 

   Il semble que le Gouvernement ait enfin pris conscience de ce danger latent, et qu'il ne souhaite pas que le même scénario se renouvelle pour la réforme de la Convention d'Assurance Chômage. Le rappel à l'ordre lancé, au grand dam du MEDEF, par Lionel JOSPIN lui-même, aux partenaires sociaux, témoigne bien de son inquiétude quant à la valeur et à l'efficacité des dispositions sociales élaborées en ce moment ! Mais à quel compromis valable peut-on parvenir quand, face à face, s'opposent sans cesse des protagonistes irresponsables, incompétents, et intransigeants

    Pourtant, tout avait bien commencé. Le patronat et les organisations syndicales étaient tombés d'accord sur la nécessité de donner la priorité à la 'Création d' Emplois'. Malheureusement, ce voeu pieux à été vite oublié et à présent tous le débats ne portent que sur le CARE, devenu même pour les besoins de la cause le PARE ! Une fois de plus la montagne va accoucher d'une souris ! Une fois de plus, par pusillanimité, nos partenaires sociaux préfèrent débattre sur l'indemnisation des Chômeurs, plutôt que de réflèchir à des dispositions nouvelles à même de générer des 'Création d'Emplois'.

   Mais comme les innovations techniques, les innovations sociales comportent des risques, et il faut être courageux pour les prendre ! Sans oublier que pour les minimiser, on peut toujours faire des Opérations Pilotes. Alors pour cela, Messieurs les Patrons, où êtes-vous ? Au lieu d'être penché sur votre ardoise d'épicier, relevez la tête et réflèchissez! Des solution qui ménagent à la fois l'aspect social et l'aspect économique, existent ! Encore faut-il avoir le désir de les trouver, et ensuite vouloir les appliquer!

    Car une chose est certaine, c'est que pour y parvenir il sera indispensable de refondre totalement l'UNEDIC, afin de pouvoir rebâtir un système nouveau. Un système plus moderne, à même d'activer et d'utiliser de façon plus dynamique, le pactole de près de 400 Milliards, alimenté chaque année par les cotisations Salariales et Patronales. Cela serait plus courageux et surtout plus efficace, que de perpétuer un système archaïque qui ne sert qu'à l'indemnisation passive des Chômeurs. 

   Mais qui de nos responsables sociaux aura aujourd'hui le courage, sinon l'idée, d'affirmer que pour vaincre le chômage, rien ne serait plus logique et plus réaliste, que de dynamiser, c'est à dire d' EXONERER purement et simplement des charges liées au chômage, toutes les Entreprises qui passant aux 35 heures embauchent de façon significative !

     13 % LE TAUX MAGIQUE

   Car il faut se rendre à l'évidence : une Entreprise ne peut à la fois, réduire ses horaires à 35 heures, embaucher et payer des chômeurs à travailler, et en même temps, verser des taxes pour payer  d'autres chômeurs à ne rien faire . C'est en ce sens que l'on peut dire que : "des charges chômage trop élevées, tuent l'Emploi"

   Ce principe de réduction des charges patronales, présentée dans un petit livre sur les 35 Heures (*), passé totalement inaperçu à ce jour, répond parfaitement au but recherché : 'Créer des Emplois' ! En effet, par quelques réflexions et calculs très simples à la portée d'un enfant de 6eme, on y démontre qu'une EXONERATION d'environ 13 % des charges patronales, liées directement et indirectement, au chômage, permet aux Entreprises de réduire leurs horaires à 35 Heures et d'embaucher 10 % de leurs effectifs en plus, sans aucun coût supplémentaire, ni pour les Entreprises, ni pour les Salariés et ni pour l'Etat !

    Alors répétons-le, pourquoi nos debaters sociaux, ne profiterait-ils pas des travaux actuels sur la réforme de l'assurance chômage, ainsi que du contexte économique favorable du moment, pour sortir des sentiers battus et innover. Car si avant tout, et comme ils s'y étaient engagés, ils oeuvraient à l'élaboration de dispositions concrètes à même de créer des centaines de milliers d'Emplois, ils n'auraient pas à se bagarrer sur le CARE ou le PARE, dispositifs devenus alors totalement inutiles.

  Tant qu'à faire, il vaut mieux innover pour assurer la Cohésion Sociale, plutôt que de se battre sur la Coercition Chômardesque ! !

 

                                                      Raymond MONEDI

                                             Chef d'Entreprise à la retraite

 

(*) Livre "35 HEURES, POUR UNE NOUVELLE SOCIETE" (Buchet Chastel - Paris)

  

     

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