BULLETIN DE LIAISON P.E.P. N° 16 - Septembre 2004

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La citation du jour : 
 « 
Le néo-libéralisme, est l’utopie d’une exploitation sans limites »
 

                                                                         Pierre Bourdieu.

 

 

 EDITO                                                            (haut de page ^)


La régulation du Capitalisme

Vers le Libéréalisme *

On dit couramment que le capitalisme, comme la démocratie, est le meilleur des régimes faute d’autres. Il est quand même impensable que depuis que le Monde est Monde, que depuis l’Antiquité et ses grands philosophes, Platon, Socrate… et d’autres plus proches de nous, nous cherchions encore le régime idéal pour la gestion des Etats. Non pas un régime identique pour tous les Pays car chacun a ses spécificités propres, mais néanmoins des bases communes à tous les peuples. Un genre de ‘tronc commun’ de règles générales, donnant satisfaction à tous les Terriens, auquel viendraient s’ajouter ensuite, les règles spécifiques répondant aux besoins particuliers culturels et sociétaux, de chaque Nation.

Un Capitalisme Auto-régulé. Nous savons aujourd’hui, que le capitalisme est loin de donner satisfaction à tout le monde. Basé sur une logique libérale, trop libérale même, qui  pousse à tous les excès et à toutes les spéculations, il génère autant, sinon plus, de pauvreté et d’injustices que de richesses !  Alors aller encore plus loin, en instaurant ‘l’ultra-libéralisme comme le préconisent certains irresponsables et ignares de l’économie, est totalement absurde !

La liberté totale n’existe nulle part ! Ni dans la Nature, où sous un aspect anarchique toute évolution et développement sont parfaitement régulés par la dure ‘loi de la jungle’ ; ni chez tous les êtres vivants où un système de régulation, ‘l’homéostasie’, assure un équilibre parfait de fonctionnement entre tous les organes. Alors, pourquoi ne pas nous inspirer de la gestion de la Nature et de la Vie, pour gérer le Monde et les Hommes. En passant simplement de la politique à la « biolitique », nous verrions aussitôt que le défaut rédhibitoires du capitalisme c’est ‘l’accumulation’ des richesses, perversion qui n’existe pas dans la Nature ! Vous ne verrez jamais un lion tuer sans faim et plus que de besoin, vous ne verrez jamais des animaux délimiter d’autres terrains que le leur, ou construire des terriers, pour les louer ou les vendre !  Mais dans notre souci d’annihiler les effets pervers du capitalisme, veillons à ne pas réduire son dynamisme. Ce dynamisme généré par la liberté d’entreprendre qui, tout en favorisant les ambitions personnelles des hommes, enrichit et les individus et l’humanité !


Mieux que l’Ultra-libéralisme, le « Libéréalisme ». A la condition d’associer liberté et  réalisme dans l’élaboration d’un nouveau régime, on devrait pouvoir supprimer les aspects négatifs du capitalisme, sans nuire à son dynamisme. Pour y parvenir deux conditions draconiennes, pour ne pas dire deux révolutions socio-économiques, qui vont faire autant rugir qu’applaudir :

            a )-Supprimer l’accumulation du capital,  par la suppression de l’héritage accumulateur.

            b )-Stimuler l’ambition des Hommes, par la suppression de l’impôt sur le travail productif.

Folie, utopie, direz-vous ? Oui bien sûr, vu avec nos yeux et notre philosophie actuelle, mais pour peu que l’on y réfléchisse il ne fait aucun doute que ces dispositions, choquantes aujourd’hui, sont déjà inscrites en filigrane dans notre futur proche.

a )- Supprimer  l’héritage accumulateur. Sacrée folie que de s’attaquer à la sacro sainte institution de l’héritage. Il n’empêche qu’aujourd’hui cette disposition ancestrale mériterait bien une réflexion. Car si  l’on fait abstraction des sentiments familiaux, légitimes bien sûr, mais forcément égoïstes, il nous faut admettre que le principe de l’héritage est une injustice légalisée. Et ce pour trois raisons essentielles :
-  D’abord, il crée des privilèges immérités et non gagnés, pour les héritiers.
-  Ensuite, il donne des patrimoines acquis sur la Société. Il y a donc abus de droits sociaux.
-  De plus,  l’accumulation des richesses qu’il provoque, dénature totalement le capitalisme.

A l’aube d’un troisième millénaire qui, selon A. Malraux sera ‘spirituel’, il serait peut être temps de mettre de l’ordre dans la gestion de nos biens ‘matériels’.

b )- Stimuler l’esprit d’entreprise. Pour inciter les ambitieux et les courageux à entreprendre, le meilleur moyen est de  supprimer l’impôt sur le ‘Travail Productif’. Qu’on l’admette ou non, ce serait la seule façon de développer le dynamisme si nécessaire à la croissance d’une Nation. Il faut savoir que les richesses tangibles et pérennes, ne sont créées que par le travail productif, seul générateur de ‘Valeur Ajoutée’. Toutes les entreprises du secteur tertiaire : banques, fonctionnaires, assurances, services, etc…ne peuvent exister et vivre que par la V.A. gagnée par les productifs ! Rien de plus logique donc, pour dynamiser l’économie et baisser les prix, que de supprimer l’impôt sur la production, (entreprises et salariés). Nous aurions là, une stimulation des ambitions et de l’esprit d’entreprise, sans précédent !

Il est évident que dans un souci d’équilibre budgétaire, la suppression de l’héritage et la suppression de l’impôt productif, devront être appliquées simultanément, afin que la sortie des impôts soit en grande partie’ compenser par la rentrée des patrimoines. A nos éminents économistes de définir la bonne formule. Il ne fait aucun doute que la mise en place de ces deux dispositions quelque peu révolutionnaires, placerait la France en tête de l’économie mondiale.

*Ce condensé sur le « Libéréalisme » a été extrait de l’article XIII du livre « AFIN QUE NUL NE PLEURE »     
Auteur : Raymond MONEDI .   Editeur : Buchet Chastel  Paris

 


 

 MATIERES A REFLEXIONS          (haut de page ^)

Les imprévus de la mondialisation 

Pour survivre aux Délocalisations

Par les absurdes exigences du marché, toutes les entreprises aujourd’hui, sont soumises aux dures lois de la concurrence. Pour vivre, et bien souvent pour survivre, elles doivent obligatoirement, acheter ou produire, là où c’est le moins cher, en France ou ailleurs. D’où la nécessité de délocaliser. Il est trop tard, aujourd’hui, pour revenir en arrière. Par l’incapacité de nos Dirigeants à anticiper les répercussions socio-économiques de leurs décisions, de nombreuses délocalisations sont à présent inéluctables. Et tous ces transferts d’activité vers des Pays dont la main d’œuvre est bon marché, vont, dans l’immédiat, causer de graves dégâts dans le tissu industriel Français. Ce qu’il faut savoir c’est que dans le cas présent, ce sont principalement les entreprises de « Sous-Traitance » et leurs salariés, qui vont être les plus touchées !
 

Sous-Traitance et ‘Adaptabilité’. il va donc falloir que les P.M.I. de sous-traitance qui en ont a possibilité, aient le courage de s’adapter rapidement, aux nouvelles donnes industrielles de la mondialisation. Difficiles pour elles, car s’étant créées que pour ne travailler qu’à l’ombre de leurs « Donneurs d’Ordres », elles n’ont pas bien souvent, les moyens et les capacités d’évoluer. Alors, pour elles, de préférence, deux orientations générales peuvent être envisagées :

1) S’intégrer dans un ‘Groupe-Réseau’
2) Innover dans des ‘Produits-Propres’

1) – S’Intégrer dans un Groupe-Réseau.
Sous l’effet de la Mondialisation, le principe de travail en ‘Groupe-Réseau’, dont les Japonais ont été les précurseurs, va vite se généraliser dans le domaine industriel. Car pour satisfaire un marché de plus en plus exigeant et de plus en plus mobile de nouveaux critères commencent à émerger, notamment l’ultra ‘réactivité’. Et ces nouveaux critères de réactivité, d’adaptabilité et de flexibilité, ne seront jamais le fait de grandes entreprises aux structures trop lourdes.

Il ne fait aucun doute que l’efficacité maximum, ne pourra venir que de la coopération de plusieurs entreprises, de tailles et de technologies différentes, mais complémentaires, se regroupant en réseaux. Ces Groupes-Réseaux pourront être créés ponctuellement, pour la durée d’un projet bien déterminé  ou bien pour un temps indéfini, genre G.I.E. ou « Pôle de Compétences » comme on commence à le faire aujourd’hui. Ainsi la ‘Sous-traitance’ aura vécue, nous serons passés à la ‘Co-traitance’. Ces maillages d’entreprises devraient être plus ou moins créées par des instances régionales et animés par des Donneurs d’Ordres, dont l’intérêt sera de recevoir des ensembles ou des équipements complets, à des prix très compétitifs.

2)  - Innover et Créer ses Propres Produits.
« Etre un Patron, c’est être ‘son’ Patron ! Au-delà d’une certaine taille une entreprise doit devenir ‘adulte’ et se doter des moyens nécessaires pour concevoir, fabriquer et surtout commercialiser les produits-propres qu’elle aura inventés. C’est ainsi qu’un ‘Sous-traitant’ innovant, peut à son tour devenir un ‘Donneurs d’ordres’ et donner du travail à de petites entreprises de sous-traitance, venant de se créer ! C’est la condition sine qua non, pour régénérer et développer le tissu industriel d’une région et créer des emplois. Bien sûr que cette évolution vers une ‘entreprise intégrale’ n’est pas facile et qu’il y a des risques à prendre, bien sûr qu’il faut développer ses compétences immatérielles et notamment sa créativité, bien sûr qu’il faut créer son réseau commercial, etc…., mais ensuite quelle fierté d’être un Patron ! Un vrai Patron que les clients respectent, alors qu’une entreprise de sous-traitance n’est bien souvent qu’une entreprise ‘kleenex’. C’est exactement ce qui se passe aujourd’hui avec les impératifs de compétitivité inhérents à la mondialisation. Alors, pas trop d’hésitations, choisissez :

-Soit vous restez une entreprise de Sous-Traitance, auquel cas vous devez  vite vous intégrer dans un Groupe-Réseau, ou un « pôle de Compétences », aidé par le Gouvernement.
-Soit vous innovez et faites le saut, vers l’ entreprise intégrale, auquel cas vous devez vite apprendre à créer et à commercialiser vos propres produits. Avec l’aide de l’Etat également.


Mais quelque soit votre choix,  BON  COURAGE, les Gars ! Le combat va être rude !

 

Epargner ou Consommer ?

Cigales ou Fourmis ?  Là est la question

Il fut des temps pas très lointains, où pour être riche il fallait commencer par épargner. Dés l’école on nous apprenait à économiser et à ne pas gaspiller ! A présent, fariboles que tout ça, épargnez moins et achetez, achetez même ce dont vous n’avez pas besoin! C’est une question de Salut Public ! Chaque bon citoyen doit s’appauvrir personnellement pour enrichir le Pays collectivement. Nos dirigeants en plein désarroi font flèche de tous bois, aujourd’hui tout est bon pour relancer la consommation. Qu’importe la façon, pourvu que clique le tiroir caisse.

C’est ainsi que pour permettre de dépenser plus, l’on commence à démolir, à l’aide de nouvelles mesures fiscales, de nombreuses instances qui ont été créées au départ, pour recueillir les économies des particuliers. Citons : les fonds de participation des salariés dans les entreprises, l’actionnariat, les plans d’épargne salariale, de capital-investissements, etc…. On parle même de déblocages anticipés des héritages, pour qu’enfants et petits-enfants puissent dépenser davantage. Vous verrez qu’un jour on osera même toucher au PERP, le plan d’épargne retraite populaire, de l’Ecureuil. Que d’imbroglios prévisibles pour le futur et quel développement durable dans tout ce fatras de dispositions contradictoires ? 

Aller Français, au diable l’avarice ! Dépensez, dépensez sans compter, DIEU vous le rendra ! En attendant les patrons, les actionnaires et les financiers se remplissent les poches ! Vous allez voir que bientôt on va encourager les petits salaires à acheter à crédit, accroissant ainsi le surendettement des ménages. Mais qu’importe, l’essentiel est de doper la machine économique. C’est à cette fin, que le Gouvernement pousse les Français, qui avaient une réputation de fourmis, à devenir des cigales. Mais que ferons nous lorsque la crise sera venue ? Car à terme, cette crise est inévitable! Inciter les Français à manger leur blé en herbe est tout simplement criminel ! Pauvre France ton bon sens fout le camp !

 


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Lire également : "AFIN QUE NUL NE PLEURE, ou le Dynamisme Convivial " ,
 
"35 Heures, POUR UNE NOUVELLE SOCIETE". Editeur BUCHET CHASTEL  Paris

 

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Raymond MONEDI
Le Manager du " Cercle P.E.P."

Septembre 2004

                                                            

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