ACTUALITE DECEMBRE 2005

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Un Conte de NOËL  en forme de Parabole

 Les DEUX PATRIARCHES  DU MONDE NOUVEAU

Il était une fois ……

…..Dans le « RICHMOND » du NORD, un vieux Patriarche qui avait de gros problèmes. Ayant travaillé dur toute sa vie, il possédait une immense exploitation, il était riche et prospère, mais malgré cela il sentait que ses enfants n’étaient pas très heureux !

Et pourtant, depuis l’aube des temps que de  progrès réalisés ! Au début, il parvenait à peine à protéger sa famille. Vivant dans un milieu hostile il s’abritait dans des cavernes, s’habillait de peaux de bêtes et se nourrissait péniblement de la cueillette et de la chasse.
 

Mais peu à peu, grâce à ses exceptionnelles facultés d’adaptation, il commença à bâtir des huttes et des cabanes. Il apprit à semer, à planter et à tisser. Puis découvrant le feu, le fer et d’autres richesses de la Terre, notre brave Patriarche doté d’un courage et d’une intelligence extraordinaires, mécanisa, modernisa et améliora progressivement ses moyens de production. C’est ainsi que par une lente mais prodigieuse évolution, allant de la houe à la charrue, au tracteur et aux machines les plus sophistiquées, à présent il pouvait en une heure de travail facile, réaliser ce qui auparavant nécessitait des journées sinon des mois de travaux pénibles. De plus, par son esprit d’observation, par ses immenses progrès technologiques et par ses recherches incessantes, il avait pu mettre un terme aux famines, aux épidémies et autres fléaux qui jusque là avaient décimé sa progéniture. Et il était très fier d’avoir peu à peu transformer la Nature, pour la mettre quasiment au service de sa famille, dont les enfants de plus en plus nombreux, vivaient de plus en plus longtemps.

Mais, ô paradoxe,
c’était justement de tous ces immenses progrès, de toutes ces immenses richesses, que venaient tous les malheurs de notre vieux Patriarche. Car en effet, avec les moyens de production ultra modernes qu’il avait créé, le travail d’une partie seulement de ses enfants suffisait à nourrir toute la famille, pourtant nombreuse. Alors ses  autres enfants, inoccupés s’ennuyaient : certains avaient mauvaises conscience de cette oisiveté, mais d’autres s’en accommodaient fort bien. D’autant que notre vieil Homme  faisait tout  pour subvenir à leurs besoins. C’est ainsi que, lorsque la moisson était faite, il leur donnait un pécule pour qu’ils puissent vivre décemment. Et comme c’était la période où les champs étaient en chaumes, on appela cela le « chaumage ». Terme dont l’orthographe, on le sait, a évolué avec le temps.

Malheureusement cette mesure, qui pourtant partait d’un bon sentiment, était loin d’arranger toutes les choses et d’avoir les vertus du travail et de l’activité. Car à cette époque là déjà, l’oisiveté était la mère de tous les vices et tous les enfants « chaumeurs » perdaient progressivement le goût de l’effort et aussi tout sens moral. C’est ainsi, que les plus forts se tournaient vers la violence, le vol ou la délinquance, tandis que les plus faibles se noyaient dans les illusoires paradis psychédéliques de la drogue et des sectes.

Alors, désolé, ulcéré et désemparé, notre brave Patriarche ne sachant que faire implorait le Ciel ! Que n’avaient-ils tant travaillé, lui et ses aïeux , que n’avaient-ils tant développé de richesses matérielles, pour n’aboutir en fin de compte qu’à cet état de déréliction, qu’à cette désespérance généralisée et qu’à ce chaumage pernicieux. Que n’avaient-ils pris le temps de comprendre que : « Comme la Terre qui s’inscrit dans le Ciel, il ne peut y avoir de bonheur pour l’humanité, que si le Matériel s’inscrit  dans le Spirituel ! »

Et pendant ce temps là…..

Dans le « TRISMOND », du SUD, un autre vieux Patriarche avait également, mais pour des raisons totalement opposées, de graves problèmes.

Ayant lui aussi travaillé toute sa vie, sans relâche mais malheureusement sans résultats, son courage et sa volonté s’étaient émoussés au contact de terres pauvres et arides. Et il se désolait de n’avoir jamais pu subvenir aux besoins vitaux de sa famille et de voir ses enfants squelettiques mourir, autant d’inanition que d’inaction.

Une Nature inhumaine, où alternaient des périodes d’inondation et de sécheresse désertifiante, rendait toute culture impossible. Nomades par la force des choses, ils erraient lui et les siens, à la recherche d’une problématique végétation. Parfois, ils parvenaient à cultiver quelques maigres céréales, qui avec la pêche et la chasse leur permettaient de subsister. Et plus tard, quand par quelques progrès, il avait pu développer ses ‘cultures vivrières’  pour mieux nourrir ses enfants, notre pauvre Patriarche fût obligé de vendre ces produits à des Pays riches qui lui achetaient, café, coton, riz, sucre etc…. à des prix dérisoires. Alors que sa famille était dans une misère qui perdurait depuis des siècles.

Mais, à l’opposé de son frère du RICHMOND, notre vieux Patriarche du TRISTMOND, pour si désolé qu’il fût, n’implorait pas DIEU ; Au contraire il le louait et le priait. En effet, devenus fatalistes par tant de tristesse et de misère, lui et sa progéniture s’étaient réfugiés dans une vie spirituelle intense, mais aussi suicidaire. Tant il est vrai que spiritualité sans matérialité n’est que néant.
Que n’avait-ils, lui et ses aïeux tant prié et loué DIEU pour n’aboutir en fin de compte qu’à cette carence vitale, qu’à cette famine, véritable misère des pauvres. Que n’avaient-ils pris le temps de comprendre que : « Comme dans le Ciel où vit la Terre, il ne peut y avoir de bonheur pour l’humanité, sans que dans le Spirituel, le Matériel ne fût ! »

Mais un jour, le temps fût venu…..

.Car cela était inscrit dans l’ordre du Monde, où nos deux  Patriarches se rencontrèrent et se parlèrent. Leur conversation leur fit ouvrir les yeux et c’est surpris, de ne pas y avoir pensé plus tôt, qu’ils prirent conscience :

- Que par une ‘surproduction’ superflue et bien souvent inutile dans un RICHMOND saturé et par ….la ‘sous-production’ de terres arides dans un TRISTMOND affamé,
- Que par un laxisme généralisé dans les régions du NORD et par ….un fanatisme         exacerbé dans les régions du SUD,
- Que par la monstrueuse différence entre le « chaumage », misère des pays riches et par ….la famine, misère des pays pauvres, les enfants des deux mondes risquaient de s’affronter dans un absurde conflit suicidaire et fratricide.

 C’est alors qu’ils comprirent que leurs forces et leurs faiblesses étaient en somme complémentaires et que tous leurs problèmes pouvaient être résolus, si au lieu de s’opposer ils se rejoignaient. Car ce n’est qu’ensemble qu’ils pouvaient réaliser l’indispensable et sublime ‘méiose’, si nécessaire au bonheur de l’humanité.

C’est ainsi qu’en un temps béni….

Le RICHMOND et le TRISTMOND s’unirent enfin, pour refaire le MONDE. Un Monde dans toute sa plénitude où les Hommes, enfin libérés de leurs contingences matérielles, purent forger le destin spirituel de la Terre. Alors vint pour l’humanité le temps de la fraternité et de l’amour. C’est ainsi qu’au début du Troisième Millénaire de notre ère, GAIA, enfin transmutée, enfin révélée, fut à même de servir le grand dessein de l’Univers.

 

  Raymond MONEDI
Décembre  2005

  

 

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