ACTUALITE JANVIER 2006

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La FORMATION,  
par les  " BINÔMES  PROFESSIONNELS "

 

Depuis longtemps déjà, la jeunesse paie un lourd tribut à la Société dans laquelle nous vivons. Pour avoir trop privilégié l'enseignement théorique au détriment de la formation pratique, la France est devenue championne d'Europe du chômage des Jeunes. Des Jeunes de moins de 26 ans et également, triste record, des Anciens de plus de 52. C'est de cette constatation absurde et stupide qu'est née l'idée des "Binômes Professionnels"(1), dont le principe consiste tout simplement, à associer en entreprise, un 'Jeune' sans qualification ou sans expérience, avec un 'Ancien' qualifié et bourré d’expérience.

Favoriser l'Insertion des Jeunes en Entreprise
Pour les Jeunes aujourd'hui, c'est en effet la quadrature du cercle : les entreprises ne veulent pas les embaucher parce qu'ils n'ont pas d'expérience, alors qu'ils ne peuvent acquérir de l’expérience, que si on les embauche ; … au moins une fois ! Et parallèlement, les entreprises licencient des Anciens  expérimentés, sous le prétexte que passé la cinquantaine ils ne sont plus rentables ! Pour remédier à ce  gâchis aberrant de potentialités humaines il serait judicieux de créer un dispositif binôminal qui permette le transfert du savoir-faire et des compétences, des Anciens vers les Jeunes. C’est d’ailleurs ce  principe d’apprentissage, manuel et aussi intellectuel, qui depuis l'aube des temps a fait évoluer l’Espèce Humaine. Mais peut-être qu’aujourd’hui, nous, Humains du 3eme millénaire, poussés par des ambitions excessives voulons-nous aller, trop vite et trop loin dans l'abstraction.

En Occident, nous démarrons une fuite en avant intellectualisée à outrance. Pour une poignée de Terriens qui caracolent en tête des sciences et des technologies, des milliards d’autres restent sur le bord du chemin ! Car l'enseignement trop théorique, trop abstrait, que l'on privilégie depuis des décennies, dans les pays dits évolués, rebutent des centaines de milliers de Jeunes aux "intellects pratiques" qui, à partir de 14 ans, qu'on l'admette ou non, en ont « ras le bol de l'école ». De plus, l'absurde insistance des Parents et des Professeurs n'aboutit presque toujours qu'à amener ces 'Etudiants forcés', à des "situations d'échec" qui les marqueront pour la vie ! Il faut pourtant comprendre, que ‘l’intelligence pratique’ qui est souvent du ‘bon sens’, vaut bien ‘l’intelligence théorique’ qui est souvent ‘vide de sens’. Nous connaissons tous de ces gens super-instruits, incapables de bien gérer leur vie !

L’Apprentissage  à 14 ans et la Culture générale
N'en déplaisent à certains, il n'y aucun souci à se faire pour ces Jeunes, sur le plan de la formation générale. Dés que leur métier les aura 'révélés' et qu'ils gagneront bien leur vie, ces Hommes pourront pendant toute leur existence, parfaire leurs connaissances ou s'élever dans la hiérarchie sociale, grâce à la  'Formation Continue'. En effet, cette formation permanente leur permettra, durant toute leur vie, d'apprendre toutes les disciplines qu'ils souhaiteront. Avec l'énorme avantage que ces formations, qui seront alors, désirées et choisies de façon délibérée, seront d'une efficience rare. Ceci n'est pas une vue de l'esprit car les exemples abondent ! Ne serait-ce que l'auteur de ces lignes, qui a commencé sa carrière professionnelle à 14 ans, comme apprenti-ajusteur chez RENAULT, et qui l’a terminé comme patron d’une entreprise de mécanique de précision, d’une centaine de personnes. Pour la petite histoire, précisons même qu’il s’agit là d’un ‘manuel’ qui a, disons, mal tourné, puisque qu’à présent beaucoup le considère comme un ‘intellectuel’ ! Et cela, parce que vers la cinquantaine, piqué par le démon de l’écriture et philosophant sur son vécu, il a commis moult réflexions sociales et articles de presse, trois livres et,  a même ouvert un Site internet, assez suivi.

  Pour un Apprentissage à la Française (1)
Chez nos voisins Allemands, sur le plan de la formation des Jeunes, des considérations plus logiques et mieux adaptées à la diversité des intellects pratiques et théoriques, sont prises en compte depuis longtemps. Chez eux l'apprentissage est devenu une institution totalement intégrée dans la vie sociale, et les Jeunes sont fiers d'être apprentis.

Avec les "Binômes Professionnels" nous pourrions certainement faire mieux. Le grand intérêt de ces 'Binômes' (B.P.) est d'instituer le "tutorat personnalisé". Jusqu'à présent, les Jeunes sont confiés, dans les meilleurs des cas, à des tuteurs de dépannage qui ayant leur propre travail à fournir, négligent très souvent la formation de leur apprenti. Avec les B.P., chaque fois qu'une entreprise aura un poste à pourvoir, elle embauchera un "Binôme" dont les deux personnes auront la charge d'assurer, et la production du poste et la formation du Jeune. Ainsi chaque Apprenti aura son Tuteur personnel.

Ce transfert de 'Maître et Disciple' pourrait préfigurer le "compagnonnage des temps modernes" qui allant dans le sens d'une formation réellement individualisée, tant sur le plan professionnel qu’intellectuel et moral, répondrait mieux aux besoins d’insertion et d’intégration de nombreux Jeunes d’aujourd’hui ! Parce que la mise en place des Binômes Professionnels, devrait également, au-delà de l’apprentissage des métiers,  favoriser l'épanouissement de leur personnalité et la réussite de leur vie d'Homme.

L’Osmose de la Formation et de l’Éducation
En effet la vie du Binôme, se déroulant en entreprise, lieu où se vivent les efforts et les réussites, les joies et les peines du travail, devrait générer des relations privilégiées entre ses membres :

Pour les Jeunes. Tout d'abord, leur insertion dans le milieu de l'entreprise qu'ils redoutent quelque peu, serait largement facilitée par les conseils et la protection d'un Homme d'expérience. Un Homme mûr que bien souvent ils écouteront mieux que leur Père. Car ces Jeunes, marginalisés par leur milieu, leur teint, la rue et même leur banlieue, doivent faire au-delà de l'apprentissage de leur métier, leur apprentissage de la vie. Ce sera là un rôle capital que devra jouer le Maître envers son Disciple.

C'est ainsi que, par une éthique et des valeurs morales retrouvées et surtout acceptées, il y a de fortes chances pour que les Jeunes se réconcilient avec la vie Sociétale ! Ainsi résoudre le problème du chômage des Jeunes, c'est en grande partie résoudre les problèmes de la jeunesse ! Et qu'on le veuille ou non, seul les "Binômes Professionnels", pourront sortir nos Filles et nos Garçons de la rue et leur apporter un horizon autrement plus motivant que celui  de l'oisiveté, de la délinquance ou de la drogue.

Pour les Anciens. Les B. P. leur permettront de finir en beauté leur carrière professionnelle. Quoi de plus beau en effet pour un Homme dont le métier a constitué une part importante de sa vie, de transmettre à son Apprenti son savoir-faire, son expérience et peut-être aussi ses espoirs ou ses ambitions manquées. Le fait même, pour un Ancien, à l'aube de sa retraite, de transmettre son flambeau à un Jeune qui est à l'aube de sa carrière professionnelle, peut valoriser toute une fin de vie !

C’est dés  l’âge de 14 ans que se construit  un Homme
En France, L’Education Nationale n’a jamais voulu admettre que tous les Hommes n’étant pas identiques, la formation devait être obligatoirement différente. On sait pourtant depuis quelques temps, que pour les intellects à prédominance théorique, la formation doit passer plutôt par le néo-cortex et le cerveau Gauche. Alors que pour les intellects à prédominance pratique, elle doit passer par le cerveau limbique et l’hémisphère Droit. C'est-à-dire par l’Apprentissage et les expérimentations concrètes, ou par ce que nous pourrions appeler, la « formation-action ». Pour eux, la formation intégrée en entreprise est quoique l’on en dise la mieux adaptée, car ces Jeunes, loin d’être des demeurés, comme certains enseignants voudraient le faire croire, ont simplement  un intellect plus réaliste que spéculatif !

A ce jour, le principe des Binômes Professionnels est certainement  la meilleure et la plus rapide des solutions qui soit, pour créer une embauche massive de la prime-jeunesse, de 14 à 18 ans (3), et la sortir du ‘pôt au noir’ dans lequel elle est, aujourd’hui, engluée jusqu’au cou ! Car c’est déjà à cet âge là que commencent les errements juvéniles dangereux, du genre des feux d’artifices de banlieues !
Il ne fait aucun doute  que le principe des « Binômes Professionnels », développant à la fois le ‘savoir-faire’ et le ‘savoir-être’, peut offrir des possibilités énormes et insoupçonnées pour la formation globale des Jeunes, ou mieux encore, pour le début de ce que nous pourrions appeler la « formation intégrale » des Hommes de demain.
 

Raymond MONEDI
Février 2006

 

(1)   Voir : « AFIN QUE NUL NE PLEURE » ( Pages : 185 à 187 )  Edition  BUCHET CHASTEL  Paris

(2)   Voir : «  35 HEURES, pour une nouvelle Société » (pages 123 à 135) . idem

(3)   Après 18 ans c’est trop tard, le mal étant déjà  fait il faut envisager d’autres solutions

  

 

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