META PHILO NOVEMBRE 2005

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Liberté,  Egalité,  Fraternité

Lors de la Révolution Française, Madame Roland, condamnée par le régime de la Terreur s’écria,  en montant à l’échafaud :
Ô, liberté,…liberté chérie, que de crimes l’on commet en ton nom !

 
A n’en pas douter, à peine née la ‘Liberté’ connaissait déjà les excès qui depuis toujours en sont le corollaire. Et pourtant qu’ils sont beaux, dans leur simplicité et leur pouvoir d’évocation les mots qui composent notre fameuse devise républicaine: « Liberté, Egalité, Fraternité »! Aujourd’hui ce triptyque humaniste, créé par l’inspiration des révolutionnaires d’alors, a été adopté par le Monde entier. Et rappelons pour mémoire, tous ceux qui, gens du peuple et aristocrates, sont morts pour que ces trois mots là, vivent. Mais deux siècles après, que sont, ces mots, devenus ?

Une ‘Liberté’ poussée à l’extrême qui autorise tous les abus, toutes les injustices et tous les égoïsmes: c’est la Loi pure et dure des plus forts !

Une ‘Egalité’ mal comprise, qui ne peut amener qu’un nivellement par le bas qui provoque laxisme et là aussi injustice : c’est la Loi rêvée par les plus faibles !

Une ‘Fraternité’ qui devrait pondérer les excès des deux premiers concepts : c’est le souhait de tous les Hommes, pourvu bien sûr, que les efforts et les sacrifices soient faits …. par les autres !

De plus, ces trois concepts qui sont devenus les fantasmes de tous les miséreux d’un Monde en perdition, sont dans les faits, antinomiques : la ‘Liberté’ c’est une vie sans contraintes ni obligations, alors que ‘l’Egalité’ c’est au contraire pour beaucoup, une vie de contrainte qui les mets dans l’obligation de rester dans le rang. Théoriquement, il y a la ‘Fraternité’ qui aurait la charge de rééquilibrer cet antagonisme. Mais fondée sur la morale et la conscience des Hommes qui, quoiqu’en dise J.J.Rousseau, ne sont pas  « naturellement bons », que peut-elle faire seule, cette pauvre Fraternité ? Surtout tant que le business, l’argent et les ambitions exacerbées, perturberont le Monde.

   Le Communisme, le Capitalisme, … et après ?

Il ne fait aucun doute que se sont les concepts de notre devise Nationale, qui ont influencé l’évolution de l’humanité tout entière et favorisé l’émergence des deux idéologies qui dominent la Planète, depuis la fin de la Révolution française :
   * Le Communisme, basé sur trop d’Egalité, pénalise l’évolution de l’humanité.
   * Le Capitalisme, basé sur trop de Liberté, ne génère qu’injustices et rivalités

Notre incapacité à gouverner la Planète provient de cet absurde antagonisme. Devant des cas aussi insolubles, une méthode philosophique propose de rapprocher et de comparer le gouvernement des Hommes, avec le Gouvernement de la Nature. En faisant cette comparaison on remarque de suite  deux dissemblances fondamentales :

    1°) L’Egalité n’existe nulle part dans la Nature, où la Loi du plus fort prime ! Bien au contraire, il semble que l’inégalité soit le moteur de l’univers. Les différences entre individus seraient la base même de la fameuse ‘Théorie de DARWIN’ sur l’adaptation et l’évolutions des Espèces!
    2°) La Liberté, elle, on croit la voir régner en maître dans la Nature ; Rien n’est plus faux ! Derrière l’anarchie apparente, président des lois et des règles d’une rigueur sans faille qui garantissent l’équilibre parfait de toute chose dans l’univers.

On peut en conclure que les concepts humains « d’Egalité totale » et de « Liberté totale » n’existent, nulle part ailleurs, que dans la tête de nos penseurs.

  Pour le Communisme, fondé sur une Egalité totale, sa faillite avérée a démontré son incapacité à faire le bonheur des Hommes. Le nirvâna par force. Le bonheur égalitaire selon Saint Marx. Dans les régimes collectivistes, les individus n’ayants pas les mêmes désirs, les mêmes besoins, ni surtout les mêmes compétences, doivent passer sous les fourches caudines d’un pouvoir qui s’est arrogé le droit de faire leur bonheur malgré eux, par une égalisation généralisée. Vouloir tout uniformiser, tout égaliser est aussi absurde que de vouloir que tous les Hommes mesurent 1m.,75 ou que chaque arbre ait 2 624 368 feuilles. Car si, selon l’adage bien connu : « celui qui peut le plus, peut le moins », la réciproque n’est pas vraie, « celui qui peut le moins, ne peut pas le plus ». En conséquence, cette volonté d’égalisation passe obligatoirement par un nivellement par le bas. On part du ‘maillon le plus faible’ et tous les autres, plus forts ou pas, doivent rentrer dans le rang. Ce principe est absurde car, en freinant tous les progrès, il nous ramènerait rapidement à l’âge des cavernes. Non, la seule Egalité qui vaille pour les Hommes, c’est ‘l’Egalité des chances’ de tout un chacun, quelque soit son niveau de naissance ou sa couleur de peau !
Le Communisme ne peut trouver sa raison d’être que lorsque l’économie d’un Pays décolle. Car dans ce cas, rien de mieux que de se dire : « On travaille tous ensemble et on partage tous ensemble en parts égales. ». Mais dés que la situation s’améliore, il ne serait pas juste d’empêcher ceux qui, par leur travail, leurs efforts, leur volonté et leurs compétences, réalisent des résultats supérieurs, de vouloir des rémunérations supérieures ! Dés lors apparaissent les inégalités.

Mais peut-on et a-t-on le droit, au nom d’une morale Egalitaire, d’empêcher des Hommes ayant quelques facultés supérieures, (physiques ou psychiques), de les développer tout en en faisant, par voie de conséquence, profiter toute l’humanité ! C’est d’ailleurs dans ce sens que l’on peut dire que l’inégalité est le moteur de l’évolution et de l’optimisation de l’Espèce humaine. C’est ainsi que, par analogie avec les Lois de la thermodynamique, on pourrait énoncer que l’Egalité comme l’entropie c’est de l’énergie qui se dégrade et qui, peu à peu, ne parvient plus à produire de l’action !

 
On peut en déduire, et disons le, même si cela est choquant, qu’à l’image de l’entropie, l’Egalité c’est la mort, alors que l’inégalité c’est la vie. Mais précisons, afin qu’il n’y ait aucune méprise, qu’il faut distinguer : « L’Inégalité positive », par laquelle un individu s’enrichit tout en enrichissant la collectivité, de la funeste « Inégalité négative », par laquelle au contraire, d’autres misérables individus s’enrichissent en appauvrissant cette même collectivité.

    Pour le Capitalisme, fondé sur une Liberté totale, qui est même devenue excessive, après la chute du mur de Berlin et du Communisme est également incapable, nous le savons aujourd’hui, de faire le bonheur de l’humanité ! Nous avons maintenant la preuve qu’il a atteint ses limites, car  « l’ultralibéralisme » socle de sa philosophie, ne fait qu’accroître les « Inégalités négatives », qui déséquilibrent dangereusement la vie sociétale dans les pays dits évolués. On sent en effet, depuis quelques temps et un peu partout, un important refus, pour ne pas dire un sentiment de révolte, de tous les « laissés pour compte » d’un système impitoyable, qui permet à quelques milliers de privilégiés d’exploiter des milliards d’Hommes et toutes les richesses planétaires!
Pourtant, il faut bien admettre que, comme la démocratie, le Capitalisme se révèle être le meilleur des régimes, …faute de mieux. Fondé sur la Liberté il peut s’apparenter aux Lois de la Nature, mais en partie seulement, car celles-ci nous l’avons dit, sont bien mieux régulées que les Lois Humaines. Pour peu que l’on y réfléchisse, nous pouvons y remarquer deux différences fondamentales :

    - a ) Le Capitalisme ne possède pas, à l’encontre de la Nature, de dispositifs auto-régulateurs ou ‘limiteurs de croissance’ qui, à l’image de ‘l’homéostasie’ assurent  le développement équilibré et harmonieux, de tous les organismes vivants.  Nous parlerons plus loin du ‘Libéralisme Pondéré’.
    - b ) Si la Nature privilégie l’Espèce au détriment des Individus, le Capitalisme, lui, privilégie des Individus au détriment de l’Espèce !

Et si nous remplaçons le mot ‘Espèce’ par ‘Collectivité’, nous comprenons aussitôt les raisons de l’incompatibilité de ces deux idéologies qui divisent le monde depuis longtemps. Pour défendre la Collectivité à tout prix, le Communisme coupe la tête à tous les individus qui dépassent des rangs. En revanche le Capitalisme, pour accroître toujours plus ses profits, pressure tous les rangs de la Collectivité !  En effet, un libéralisme sauvage, sans règles et sans morale, qui ne génère qu’injustices et égoïsmes ne peut à terme, que détruire l’humanité entière. Trop de Liberté tue la Liberté !

      Le Bonheur par la Fraternité et  l’Equité.

Il faut se rendre à l’évidence, et les faits le prouvent tous les jours davantage, les deux premiers mots, Liberté et Egalité, de notre belle devise républicaine sont incapables à eux seuls, de faire le bonheur de l’humanité. Il reste heureusement la Fraternité. Mais ce concept, qui ne peut se développer que par l’esprit, la morale et la bonne volonté des Hommes est bien fragile. De nos jours des ‘libéralistes fraternels’ doivent être assez rare. Mais on peut penser qu’en associant  la Fraternité au concept plus concret et plus réaliste de « l’Equité » nous parviendrions à une éthique de vie bien proche du meilleur possible. Car l’Equité c’est l’osmose harmonieuse du Dynamisme et de la Convivialité. Le dynamisme favorise le progrès de l’humanité et la convivialité permet à tout le monde d’en profiter ! De nouvelles règles économiques et sociales, seraient bien sûr à édicter, mais par leur sagesse et leur esprit de justice elles devraient être facilement acceptées de tous !
 

 «  L’Equité, c’est d’abord : à chacun selon ses besoins  et ensuite, à chacun selon ses compétences, ses efforts et ses mérites ! »
         - C'est-à-dire, d’abord : que le plus pauvre des plus pauvres, le plus miséreux des plus miséreux puisse, manger tous les jours à sa fin, se loger convenablement et s’habiller décemment.

         
- Et ensuite, ensuite seulement : que tous ceux qui le désirent puissent se bâtir un destin à la mesure de leurs compétences,  de leurs ambitions et selon leur courage, leur travail et leurs mérites.

 

Et cela sans aucune limite, à la seule condition que ces challenges pour la réussite personnelle se déroulent, comme dans les compétitions sportives, avec le respect le plus absolu des nouvelles règles socio-économiques qui restent encore à inventer. Et surtout pas en effet, des règles, ou plutôt des ‘non-règles’ de l’idéologie ultra-libérale qui, par ses déréglementations, ses dérégulations, ses laissez-passer et ses laissez-faire, tend tout simplement à l’anarchie ; A un « libéralisme sauvage total » qui porte atteinte à la primauté de l’Homme !

On pourrait penser qu’ayant vingt siècles révolus, l’humanité actuelle a atteint sa majorité et qu’en conséquence ses problèmes matériels devraient être résolus ! Mais les Communistes et les Capitalistes totalement obnubilés par le matérialisme, ont retardé et retardent toujours, l’évolution logique de ‘l’Homo Sapiens’. Pourtant, après avoir, pendant des millénaires, conjuguer le verbe AVOIR, il serait peut-être temps pour les Hommes, de commencer à conjuguer le verbe ETRE !

 ( a  suivre )

Raymond MONEDI 
Novembre 05

      

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